Hommage aux Poilus de 1914-1918

2è année: 1915

Après l’hécatombe de morts en 1914 (14 tués de septembre à décembre), le drame a continué en cette année 1915.  La guerre en mouvement de 1914 devient la guerre de position, celle des tranchées. Des deux côtés du front, de lourdes erreurs stratégiques envoient les hommes à la mort par milliers. C’est la guerre sans sépulture. 370 000 français y perdent la vie dont 16 de la commune. Ceux qui ont été mobilisés au début de la guerre continuent. Arrivent les jeunes de 19 ans appelés le 15 décembre 1914.

 

 

Le 2 janvier-  Georges Henri Legraverend, célibataire, avait 23 ans. Il était né à Ouville le 16 mars 1892. Son père Léon était journalier au village de la Croix Frialle et sa maman Rosalie occupée du ménage. Soldat au 25e régiment d’Infanterie, il est mort à l’hôpital temporaire de Saint-Amand Montrond dans le Cher à 18h30, à près de 500 kms du Front. Probablement acheminé en deux jours, transporté dans des conditions d'inconfort épouvantables dans un camion à pneus pleins, un réseau d’une trentaine d'hôpitaux auxiliaires et temporaires s’étant créé dans des locaux disponibles dans ce département pour y accueillir les victimes.

 

Le 16 janvier- Georges Achille Lengronne était né le 16 mai 1890 « à 20 minutes du matin », au village du bourg. Fils de Victor, cordonnier et d’Ernestine, occupée du ménage. Caporal au 136e régiment d’Infanterie, il a été tué d’une balle dans la tête, sur le champ de bataille à Blangy-les-Arras dans le Pas-de-Calais. Il était célibataire. C’était l’oncle de Georges Lengronne qui habite au village Groucy. Un de ses frères, revenu de la guerre, mourra plus tard d’avoir été gazé.

 

Le gaz moutarde, ainsi appelé parce qu’il avait une forte odeur de moutarde est un composé chimique cytotoxique et vésicant qui a la capacité de former de grandes vésicules sur la peau exposée. Particulièrement utilisé comme arme chimique pour infliger de graves  brûlures des yeux, de la peau et des muqueuses, y compris à travers les vêtements et à travers le caoutchouc naturel des bottes et masques, durant la Première Guerre mondiale. Pas nécessairement mortel mais incapacitant.

 

Le 4 février- Albert Georges Letrouvé, né à la Normanderie le 19 mai 1894, fils de Louis, journalier, et de
Marie-Céleste Goufêtre, occupée du ménage, est décédé à l’hôpital temporaire du Lycée à Cherbourg. Le soldat du 25
e RI est mort des suites d’une broncho-pneumonie contractée en service. La mairie puis sa famille ont été averties dans les jours suivant son décès. Il était le frère de Louis, tué en septembre 1914 dans la Marne.

 

Le 14 mars- Ernest Gustave Delamarre était né le 21 août 1871 au Réage de La Lande, de Jean-Baptiste Delamarre, journalier et de Virginie Cléreaux, fileuse. Agé de 44 ans, célibataire, il était soldat réserviste. Mort au Triage de Penème à Saint Côme du Mont près de Carentan.

 

Le 8 avril- Parfait Joseph Hardy, né à Guéhébert le 23 avril 1873, était le fils d’Adolphe, cultivateur au village Mallier et de Marie Legraverand, occupée du ménage. Il avait épousé, le 10 juillet 1898, Isidora Ernault de Guéhébert. En 1915, il avait 42 ans et était soldat 2e classe  au 336e régiment d’infanterie. Il est mort à l’hôpital auxiliaire bénévole au n°35 bis situé au collège d’Annonay en Ardèche. A cause d’une bronchite suspecte contractée en service. Dès le lendemain de son décès, un extrait des registres mentionnant sa mort était envoyé à la mairie de Saint-Denis.

Le collège du Sacré Cœur d’Annonay, en Ardèche, qui existe toujours  devient, à partir de 1914, l’hôpital auxiliaire bénévole n°35 bis pour accueillir jusqu’à 250 blessés rapatriés du front. Plus de 2000 seront soignés jusqu’en 1919. Les pensionnaires seront alors logés à l’extérieur.

Le 28 avril-Camille Albert Levallois, né à Roncey le 11 juillet 1894. Célibataire, 21 ans, il était soldat au 87e RI. Il a été tué à Riaville dans la Meuse. Mort des suites des blessures reçues sur le champ de bataille.

 

Le 5 juin-Georges Louis Bertrand, né le 8 février 1894, était le fils de Paul Bertrand, carrier au Bouley et de Maria née Renault. Soldat de 2e classe au 36e régiment d’Infanterie, il est mort à Neuville-Saint-Vaast (Pas de Calais) des suites de ses blessures. Tué à l’ennemi. Il était célibataire. Son frère Henri, de 4 ans son aîné, sera tué en 1916, dans la Meuse.

Le village de Neuville-Saint-Vaast était situé au cœur des trois batailles de l'Artois (automne 1914-printemps 1915 et automne 1915). Longtemps resté en zone allemande, il a été le théâtre d’affrontements très meurtriers. Plusieurs offensives françaises, britanniques et canadiennes ont tenté la reconquête de cette position, elle le sera à l'issue de la troisième bataille d’Artois. La ville de Neuville-Saint-Vaast ayant été totalement détruite aux cours des différentes batailles de 1914 et 1915, elle sera entièrement reconstruite après la guerre.

Lors de la 1ère bataille d’Artois, à l’automne 1914, au moins sept  sur les treize Saint-Denisais tués l’ont été là.

Au printemps 1915, a lieu la 2e bataille d’Artois. Georges Bertrand y laissera la vie de même que, trois jours plus tard…

Le 8 juin-Léon Gratien Poulain, né le 29 juin 1892, dans la commune, fils d’Emile, cultivateur et d’Arthémise Besneville, était caporal dans le 36 e RI. Tué à l’ennemi à Neuville-Saint-Vaast, toujours dans le Pas-de-Calais, cette fois-ci à la seconde bataille d’Artois. Son frère cadet d’un an, Adolphe subira le même sort en 1916.

 

Huit jours plus tard….

Le 16 juin- Jules Albéric Fauchon, né le 30 janvier 1894, à la Mauvillère, est, lui aussi, atteint au même endroit. Seulement blessé, il s’en ira à bout de sang. « Pas le temps de venir l’évacuer ! », est venu dire à sa famille un de ses amis de Contrières, à l’issue de la guerre. C’était le frère de ma grand-mère. Voir récit dans le bulletin n°6 « Histoire d’un p’tit gars de Saint-Denis ».

 

 

 

Jules Fauchon

A peine quinze jours plus tard….

Le 28 juin-Albert Isidore Cacquevelle, né le 8 décembre 1888 au Bouley. Un papa carrier et une maman occupée du ménage. Le soldat du 136e régiment d’Infanterie est mort à l’hôpital n°3 à Lyon 5ème arrondissement, des suites de ses blessures de guerre. Il était célibataire.

La ville de Lyon, éloignée des combats, bien placée sur un grand axe d’évacuation et bien dotée en infrastructures va jouer un rôle majeur dans le traitement des blessés et malades. Les différents hôpitaux lyonnais, y compris les temporaires, accueillirent entre 150 et 200 000 blessés et malades, dans environ 7000 lits. Il y eut environ 3000 décès (469 en 1914, 1035 en 1916).

Le lendemain, c’était au tour de….

Le 29 juin-Léon Albert Gravey était né le 29 décembre 1887 à Hambye. Fils de Théophile, cultivateur à la Balnière et de Joséphine Lemaréchal, occupée du ménage. Il avait épousé, à la mairie de notre commune, le 23 avril 1914, quatre mois avant son départ pour la guerre, Gabrielle Savary de Notre-Dame-de-Cenilly. Le caporal au 2e RI a été tué à l’ennemi à Rochincourt dans le Pas de Calais ; la transcription de décès n’a été faite que le 15 juillet 1916. 

Le 25 juillet-Emmanuel Eugène Duchemin, né le 18 décembre 1882 au village du Fulon ?, fils d’Eugène, cultivateur né dans la commune et de Joséphine Hébert née à Lozon, occupée du ménage. Il appartenait au 155e RI. Il a été tué à l’ennemi aux bois de la Gruerie dans la Marne.

De septembre 1914 à l’automne 1918, le bois se trouve sur la ligne de front et est l’objet de combats acharnés, souvent au corps à corps. Il prendra le sinistre nom de Bois de la Tuerie.

 

Le 7 août-Emmanuel Joseph Clouet, né à Roncey le 5 août 1880, d’Honoré, menuisier au bourg et de Célestine Etienne, occupée au ménage était marié à Alphonsine Potet de Montpinchon. Soldat au 1er Régiment d’Infanterie Coloniale, il a pris le train à la gare de Cherbourg le 7 août 1914. En tout trois convois sont partis ce jour-là, toutes les deux heures. Quinze jours plus tard, le régiment passait la frontière belge et en décembre de la même année on le trouve déjà aux bois de la Gruerie. Emmanuel a été tué à l’ennemi à Vienne-le-Château, pendant la bataille de la Marne. Sa famille ne sera avertie qu’à la fin octobre 1920, six longues années après son départ !

 

Le 11 septembre-Albert Désiré Duquesney, né à Nicorps le 12 janvier 1880, fils de Louis, cultivateur à la ferme de la Hinardière et d’Ernestine Girard, née à Saint-Denis-le-Vêtu. Le 9 septembre 1911, il s’était marié à Léonie Folliot, née le 13 novembre 1880 à Saint-Denis-le-Vêtu. Ils étaient domiciliés à Courcy. Le soldat du 2e Régiment d’Artillerie coloniale est mort à l’hôpital temporaire du Casino de Cherbourg, des suites d’une méningite cérébro-spinale.

Notez que casinos, lycées, collèges, écoles, hôtels, salles des fêtes étaient réquisitionnés pour y soigner les blessés. On les nommait hôpitaux temporaires ou complémentaires.

 

 Le 26 septembre-Léon Joseph Letrouit était né le 26 septembre 1894 au village de la Croix Frialle. Le fils de Victor, le cantonnier et de Justine Amy, occupée du ménage était célibataire et domestique agricole. Il est mort pour la France à Neuville-Saint-Vaast, des suites des blessures reçues

devant l’ennemi. La famille fut avertie en 1917.

 

Le 29 septembre- Adolphe Aimable Paysant, né le 27 décembre 1883 à la Grêleraie était le fils d’Aimable, cultivateur et de Marie-Louise Goesle. Marié le 23 mai 1911 à Marcelline Périer, le soldat du 336e RI est mort à Châlons-sur-Marne, au quartier Corbineau, des suites de maladie.

 

Ainsi se termine la longue, tragique et lugubre liste de nos ancêtres tués en 1915. Trois longues années attendaient encore les rescapés de ces tueries et les nouveaux appelés jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918.

Nelly Duval

 

 

 

 

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