Sept enfants d’Hectot à la Grande Guerre

Sur une idée originale de Nelly Duval

Arrivée à la ferme d’Hectot pour un bail de 22 ans

 

En 1899, à leur arrivée en tant que fermiers à Hectot, Emile Désiré Hébert (1/11/1856-20/06/1918), le fils de Marcel Hébert et d’Adèle Lesouef, né au Portail à Montpinchon, est âgé de 43 ans. Son épouse, Marie Euphrasie (27/11/1864-04/06/1937), native de la Clémentière à Saint-Denis-le-Gast,  en a 35. Ils sont accompagnés de leur nombreuse famille. Le clan des sept garçons se compose de Prosper, 13 ans, Jules, 12 ans. Gustave, 10 ans, Georges, 9 ans, René, 6 ans et Marcel 3 ans. Emile, le petit dernier a tout juste un peu plus d’un an. Quant aux filles : Angéline est âgée de 7 ans et Simone a 5 ans.

Papa et maman Hébert viennent d’arriver à Hectot avec leurs 9 enfants. On est en 1900.  Dans ses  bras, maman Marie porte Emile, le petit dernier, 18 mois, (le père de Daniel Hébert).

 

 

En bas, de gauche à droite, Angéline, Marcel et Simone.

Au  2ème rang, probablement Prosper, René, Jules et Gustave. Il en manque un et, hélas, pas grand monde pour dire lequel !

 

 

Marie a donc eu 12 enfants en vingt-trois ans, le premier à l’âge de 22 ans et la dernière à 45 ans.

 

La famille s’agrandit

 

Entre 1899 et 1914, vont naître, à Hectot, Charles en 1901, (il décède en 1902, à l’âge d’un an, n’ayant pas survécu à une épidémie de rougeole), Denise en 1908 qui mourra en 1918 suite à un accident à l’école, et Elise en 1909, mortellement blessée par accident en 1913 avec le couteau avec lequel elle épluchait la salade. Chose étrange : à noter que les trois enfants nés à
Hectot mourront jeunes, Charles à 1 an, Elise à 4 ans et Denise à 10 ans, en 1918.

 

A l’aube de la Grande Guerre, il reste donc sept garçons : Prosper (1886-1947), Jules (19/11/1887-1969), Gustave (19/04/1889-14/01/1916), Georges, né à 7 mois (1890-1970), René (1893-2/09/1914), Marcel  (1896-1969) et Emile (1898-1965) et trois filles : Angéline (1892-1980), Simone dite Marie-Thérèse (1894-1983) et Denise (29/03/1908-5/07/1918).

 

En 1899, Marcel a 3 ans et  Simone est âgée de 5 ans

 

 

Joies et deuils en 1914

 

 

En ce printemps 1914, le 5 mai, c’est jour de liesse à Hectot. Jules Alphonse, le second des fils, né à Contrières, employé aux chemins de fer, 26 ans, domicilié au 15, rue Saint Pierre à

Coutances épouse Adelina Germaine Leroy, sans profession, née à Bréhal le 23 juillet 1893, la fille de Ferdinand Leroy et de Virginie Beaufils, tous deux cultivateurs à Saint-Denis-le-Vêtu.

Parmi les frères du marié, à noter la présence de Gustave, 25 ans, né à Contrières, venu exprès du 38, rue de Varennes à Paris où il est employé de commerce. Prosper, l’aîné, 28 ans, cultivateur à Montpinchon, est aussi présent et appose sa
signature sur le registre d’état-civil.

Hélas ! Au milieu du bel été 1914, l’heure n’est plus aux réjouissances.

Au clocher de Saint-Denis-le-Vêtu comme à tous les clochers de France, le 1er août, le tocsin retentit, annonciateur de la terrible nouvelle : la guerre est déclarée.

 

Difficile, pour les petits neveux, de mettre le bon prénom sous la
photo correspondante. En tenue militaire, ces trois-là s’appelaient-ils Prosper, Gustave, Georges ou René ?

 

Les sept frères dans la Grande Guerre

 

Dans la famille Hébert, qui va partir ?

Prosper, 28 ans, Jules, 27 ans, Gustave, 25 ans, Georges, 24 ans et René, 21 ans, les cinq aînés s’en vont. Marcel, 18 ans et Emile, 16 ans, encore trop jeunes, les rejoindront un peu plus tard.

On imagine à peine le chagrin des parents, celui des frères et sœurs restants et celui d’Adelina, la toute jeune épousée.

C’est l’angoisse à Hectot. Chaque jour, on attend avec impatience le facteur. On croit encore à la fin rapide des hostilités.

Hélas, René, célibataire, soldat au 25ème Régiment, est déjà mort, un mois après son départ. Mort le 2 septembre 1914, au château de Presle près de Charleroi en Belgique. La famille n’apprendra son décès que le 13 mai 1920, date de la transcription sur les registres
d’état-civil de la mairie, six ans après son départ.

 

Déjà deux longues années de guerre se sont écoulées et c’est au tour de Gustave (célibataire, soldat de 2ème Classe au 25ème Régiment d’Infanterie, 1ère Compagnie de mitrailleuses de la 39ème Brigade, immatriculé n°686 du recrutement de Saint-Lô classe 1909, né à Contrières) d’entrer sur la liste des tués, des « Morts pour la France ». Mort à Sainte-Ménehoulde, Marne, le 14 janvier 1916 à 20h du soir, des suites de ses blessures. Les parents voyant venir maire et curé dans la cour croyaient qu’il était arrivé malheur à René dont ils n’avaient plus eu de nouvelles depuis le 2 septembre, date de sa mort ou avant car avait-il, entre la déclaration de guerre du 1er août, son départ et sa mort, écrit à ses parents ? Or, c’est la mort de Gustave qu’on leur annonce.

Les frères qui ont la chance de revenir en permission reprennent pour quelques jours les travaux de la ferme. Pour rattraper le temps perdu, ils labourent parfois en mauvaise lune ou en mauvaise période. Triste constatation quelques mois plus tard : « Dans la Vergée (nom du champ) qui tenait 24 vergées, il n’a poussé que 24 vergées de cardrons (chardons) ! »

A signaler que cette ferme d’Hectot, au début du XXe siècle, est la plus importante de la commune  Elle a une quinzaine de vaches et un troupeau de brebis. C’est la famille Hébert qui  aura la première faucheuse (à cheval, bien sûr !) de Saint-Denis-le Vêtu dans les années 1910-1920. Cette ferme de caractère possédait autrefois une chapelle et un souterrain qui menait, dit-on, à la ferme de l’Abbaye, sur Ouville. Elle est aussi dotée d’une allée de poiriers plus que bicentenaires.

« En 1917, Emile, mon père, avait 19 ans. Il est parti à la guerre mais, comme un de ses frères avait été tué et l’autre porté disparu, il a été incorporé dans le régiment de train, non considéré comme unité de combat. Il est resté à l’arrière des combats », raconte Daniel Hébert.

 Et André, le frère de Daniel, de Roncey, ajoute. « Sept partis à la guerre. Résultat : deux tués, deux blessés. »

 

Jules, le nouveau marié, reviendra blessé, trépané, ayant reçu un éclat d’obus dans le crâne. « Le haut du crâne avait été carrément décapité. On y voyait les os », précise André Hébert. Georges sera blessé à une jambe.

 

Prosper, l’aîné, aura sa dose de souffrances. Fait prisonnier, rebelle, il se contentera souvent de grignoter des racines d’orties pour survivre.

 

Jules, le nouveau marié

1918 : le malheur continue de s’abattre à Hectot

 

 

C’est le 20 juin 1918 qu’Emile, le père de famille, 62 ans, va mourir à Hectot. Le chagrin de la perte d’un fils à la guerre, de la disparition de l’autre y est pour quelque chose dans son départ à 62 ans seulement. 

 

 

Quinze jours plus tard, à l’approche des grandes vacances, en fin juin, alors qu’elle jouait à cache-cache avec ses copines dans la cour de l’école des Filles, Denise, tout juste 10 ans, l’avant-dernière des douze enfants, s’est cogné la tête contre une barrière. Un mauvais coup à la tempe a provoqué un gros hématome. La maman ne s’en inquiète pas outre mesure et renvoie Denise à l’école les jours suivants. Mais rien ne s’arrange et la petite fille de 10 ans meurt de ses blessures le 5 juillet. 

Comment est apprécié l’armistice de la guerre à Hectot ? Un par un, les enfants rescapés reviennent.

 

La vie continue malgré tout

Le 18 novembre 1919, l’aînée des filles, Angéline Emilia Béatrix Hébert, sans profession, née à Cerisy-la-Salle le 28 février 1892, épouse Eugène Joseph Paysant, cultivateur né à Saint-Denis-le-Vêtu le 26 novembre 1885. Ils auront 5 enfants.

 

Angeline et Eugène

Si la vie reprend ses droits, Marie, la mère, se réjouit de ce mariage. Elle pense cependant aussi à ses chers disparus : son mari Emile, ses deux filles Elise et Denise et les trois fils, le bébé Charles, Gustave tué en 1916 et René, le disparu de la guerre dont on n’a toujours pas de nouvelles ! Va-t-il bientôt revenir ?

 

En coiffe blanche tuyautée, à la droite du marié Emile, est assise Marie, la mère de la nombreuse famille. Elle a alors 57 ans. Les rescapés de la guerre sont aussi présents aux réjouissances.

 

 

Le 20 septembre 1921, Emile Joseph Adrien Hébert, cultivateur, né à Cerisy-la-Salle le 8 juin 1898, 23 ans, épouse Blanche Alice Marie Beauquesne, sans profession, née à Contrières le 7 février 1902, 19 ans. De leur union naîtront 4 enfants dont André, retraité à Roncey et Daniel à Cerisy-la-Salle.

 

 

Marcel, le père de Thérèse Hébert-Lemoine, épousera Marthe Guillard : 4 enfants. Cambernon.   

Prosper se mariera à une institutrice à Montpinchon. Sans enfants.

Simone, dite Marie-Thérèse épousera Gustave Leloup.
3 enfants.

Georges se mariera avec  Maria. A noter la robe de la mariée qui est blanche. On a délaissé la robe noire et osé porter du blanc.  Ils auront 4 enfants rt habiteront Grimesnil 

 

 

Georges et Maria

1921 : le départ d’Hectot

 

C’est après le mariage
d’Emile et de Blanche que Marie choisit de quitter Hectot. Elle vient d’établir ses enfants en leur achetant une maison à chacun. Si la superficie des terres qui vont avec la maison n’est pas la même pour tous, tant pis ! Elle a fait ce qu’elle a pu ! Elle va continuer de vivre en prenant domicile dans la maison du Bouley où Daniel, son petit-fils habitera plus tard. Se trouvant trop à l’étroit, elle en profite pour la rehausser d’un étage. 

Elle aide volontiers les gens et joue souvent le rôle de sage-femme. C’est elle qui accouchera Germaine
Dudouit, femme Hervot, qui habitait la maison de ma tante Geneviève Lemaréchal dans le virage du Bouley. Son mari était chiffonnier.  

Elle s’éteindra le 4 juin 1937, chez sa fille Angéline et son mari Eugène Paysant au village de la Viardière à Notre-Dame-de-Cenilly, après une vie bien remplie.  Elle repose dans le cimetière de Saint-Denis-le-Vêtu, aux côtés de ses chers disparus.

 

Merci aux enfants Hébert pour les souvenirs et photos.2007-2014

Nelly Duval

 

 

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